À vous votre “Liban fort”, à moi le mien.

À vous votre “Liban fort”, à moi le mien.

Mon « Liban fort » ne tire pas sa force de son inconstance, sa versatilité, ses changements d’alliances, ses compromissions et ses contradictions ;

Ni de la course à la réussite personnelle, aux privilèges, à l’argent, aux honneurs… jusqu’à s’affaiblir, s’appauvrir, se laisser envahir par l’étranger et se déshonorer.

Mon « Liban fort » n’est fort que par sa constance dans ses positions, ses principes, ses valeurs, ses causes, à condition d’être justes.

Mon « Liban fort » ne s’aveugle pas, ne perd pas de vue son passé, riche en faiblesses, et donc en enseignements, jalonné de crises, de conflits, d’égarements…

Il revoit son passé pour une meilleure vision de l’avenir;

Il se regarde dans la glace, non pour se contempler, mais pour s’introspecter, s’autocritiquer, pour faire son examen de conscience et son devoir de mémoire ;

Mon « Liban fort » ne se fixe pas sur son propre avenir et celui de ses proches, mais sur l’avenir de la nation et de ses citoyens ;

Il ne fait pas preuve de népotisme, de favoritisme, de clanisme, de communautarisme ;

Il ne verse pas dans l’identitarisme, ni dans le nationalisme, ni dans le populisme ;

Il ne met pas la religion au service de la politique, mais il exerce honnêtement, et séparément, les deux.

Mon « Liban fort » ne tire pas sa force de son « faible » pour le pouvoir, ni des forces « de facto » qui aliènent son État et ses institutions.

Mon « Liban fort » n’exerce pas sa force sur des Libanais sans armes, sans défense, avides d’un Liban souverain, seul détenteur des armes, seul maître de ses décisions, seul présent, par ses forces armées, sur tout son territoire national ;

Mon « Liban fort » ne réprime pas les faibles tout en épargnant les forts.

Mon « Liban fort » n’oublie pas ses martyrs qui se sont sacrifiés pour un Liban véritablement fort, ni ses disparus, ni ses captifs dans les geôles syriennes.

Mon « Liban fort » tire sa force de son humanisme, et son courage de la vérité qu’il n’a pas peur de dire et de brandir, même si elle ne sert pas ses intérêts ;

Mon « Liban fort » ne porte pas de faux témoignage ;

Il ne défend pas l’oppresseur, mais l’opprimé ;

Il appelle un chat un chat, un criminel un criminel, une victime une victime ;

Il ne fait pas, par complaisance, d’un criminel de guerre une victime ; ne feint pas d’ignorer ses crimes – ou tout crime, toute injustice, tout abus – pour des raisons partisanes ou des raisons d’État qui ne sont que déraison.

Mon « Liban fort » est un Liban franc ;

Mon « Liban fort » est un Liban humaniste, altruiste, hospitalier, convivial, secourable.

Mon « Liban fort » a la faiblesse du Bon Samaritain ; il est le défenseur des droits de l’homme, de la veuve et de l’orphelin, chez lui et chez son voisin ;

Il est fort par sa conscience humaine, par sa conscience morale, par sa conscience d’être unique, d’être un Message.

Mon « Liban fort » est, par vocation, à la fois chrétien, musulman, juif, athée… D’où sa force. Il résume et réunit en lui la croyance en l’Homme et la croyance en Dieu. Et il embrasse les croyants et les incroyants ;

Il est fort par son libéralisme, son pluralisme, son multilinguisme, son multiculturalisme, loin de l’obscurantisme et du totalitarisme ; fort par son ingéniosité, sa créativité, son inventivité ; fort par son avant-gardisme, loin de l’arriérisme ;

Il est fort d’être la charnière entre l’Orient et l’Occident, d’être entre deux cultures, entre deux mondes, entre deux modes, et de les réunir sous un même ciel habité par un même Dieu.

Mon « Liban fort » est fort par sa République laïque, démocratique, indivisible, inaliénable;

Il est fort par son peuple émancipé, et non par ses foules embrigadées.

Mon « Liban fort » ne se sent vraiment fort que s’il est Souverain ; que s’il est Juste ; que s’il est Libre ; que s’il est Tolérant ; que s’il est Propre ; que s’il est Transparent ; que s’il est Prospère; que s’il est Pacifique ; que s’il est Sain ; que s’il est Bon ; que s’il est Beau.

Mon « Liban fort » n’est vraiment fort que si l’amour est son faible.

À « nous », notre « Liban fort », si vous le voyez et le voulez ainsi.

R.B.

 

 

 

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