APPEL EN RETOUR

Comme ton blâme est juste

Ȏ Mère au Cœur ardent ;

Notre monde est si fruste

Et sans toi si perdant !

Notre monde est un homme

Errant et sans repères,

Bien loin du Fils de l’homme

Et bien loin de son Père !

Notre monde, aujourd’hui,

Est pétri de Matière,

Assourdi de ses bruits

Étouffant nos prières.

Il a pris tes enfants

Ȏ ma Mère, en otage :

C’est lui qui leur défend

De te rendre un hommage !

Lui qui rend notre Église

Responsable des torts

D’un membre, que l’on brise

Ainsi que tout le Corps.

C’est le monde moderne,

Bien pire que l’ancien,

Qui a mis l’âme en berne,

A renié les siens.

C’est un monde adultère,

Gouverné par Mammon,

Un monde terre à terre,

De ses vaux à ses monts.

C’est un monde avorteur

De l’amour, de la vie ;

Qui renie son Auteur

Et vaque à ses envies.

C’est un monde où la science

Cherche à remplacer Dieu,

Transformer la conscience

En robots demi-dieux ;

Un monde d’eugénisme

Où les « purs » sont légion,

Où le transhumanisme

S’érige en religion ;

Monde des libertés

Mais, hélas, libertaires;

Contre la Vérité

Et son saint Ministère.

C’est le monde du vice,

De tous les mariages,

Et de tous les sévices

Subis par tous les âges !

Monde jeune et ridé,

Des joints à fortes doses,

Du sexe débridé

Et ses métamorphoses !

Monde d’atrocités,

De haine et de violence,

Qui s’est fait la Cité

Du Mal, par excellence ;

Un monde en branle-bas,

Entre deux temps, deux guerres,

Et qui perd le combat

De la paix, qu’on enterre.

Mais ce monde, ô Marie,

Est habité de foi,

De la foi qui te crie

Son amour, que de fois !

On y voit des gens pieux

Récitant le rosaire,

Et qui prennent sur eux

L’impiété de leurs frères ;

On y voit l’espérance,

Beaucoup de charité ;

Une paume qui panse

Les plaies, l’adversité ;  

On y voit plein d’apôtres

De ton Fils, de l’Amour,

Et de l’amour des autres

Animé de ton Jour !

Inscris donc, Belle Dame,

Nos vœux et nos actions

Sur le compte des âmes

Encore en perdition.

R.B.

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