BAROUD D’HONNEUR.

 

« Baroud : Pas de divorce entre la société civile et moi » (L’OLJ).

Pas de divorce, non, mais juste un choix opportuniste par l’adhésion à la liste du CPL et donc à ses positions favorables aux armes illégales et au mini-État dans l’État.

Pas de divorce ici, mais mariage là, mariage de raison… ou de déraison. On peut bien se prétendre « indépendant » et s’engager à le demeurer au sein d’une liste aliénée, mais on devra se conformer, forcément, à l’éthique de conviction du parti auquel on s’est (r)allié, ce qui engage une éthique de responsabilité qui, selon les termes du sociologue Max Weber, conduit le sujet à « devoir répondre des conséquences prévisibles de son acte ». Cette responsabilité, avant tout morale, pèsera d’autant plus sur le candidat « indépendant » au sein d’une liste aliénée qu’il sera redevable au parti de l’avoir fait élire, et donc assujetti aux convictions générales dudit parti et de son électorat. S’en démarquer équivaudrait à trahir la confiance de ses électeurs.

Me Baroud, éminent juriste, souffre apparemment de lacunes sociologiques. Il n’a sans doute pas lu le « savant et le politique » de Max Weber, et notamment sa thèse sur la difficile conciliation entre l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité.

Les signes avant-coureurs ou les symptômes d’une éventuelle aliénation du candidat aux convictions d’une liste aliénée résident dans le fait que son programme électoral omet (sauf erreur de ma part) le « plus important » qui devrait avoir préséance sur le «très important », à savoir la souveraineté de l’État, sa détention exclusive des armes, et son pouvoir décisionnel absolu en matière de guerre et de paix, d’administration de la chose publique, etc. En effet, dans la série de « je m’engage » de Me Baroud durant son discours, on n’entend aucun engagement clair dans le sens de la souveraineté et du refus de l’arsenal illégal du Hezbollah.

Occulter le « plus important » (la souveraineté nationale) au profit du « très important » (la gouvernance), équivaudrait à construire sur le sable plutôt que sur le roc, ou à aménager des locaux dont on pourrait perdre la propriété. La même logique s’applique aux candidats qui, par une inversion vicieuse, privilégient le « très important » sur le « plus important », ce qui consisterait à mettre la charrue devant les bœufs, et ceci dans l’intention apparente d’éviter les sujets controversés (comme si la souveraineté de son pays était matière à négociation), et dans l’intention réelle de ne pas perdre un créneau important des voix favorables à l’aliénation de l’État au mini-État.

Cet « ordre d’idée », qui n’est en fait que désordre, est surtout le propre de ces candidats de la société civile, et de ces indépendants, du genre Baroud, Michel Mouawad (qui s’est allié au CPL au nord) et autres opportunistes qui contribuent, par leur adhésion aux formations et coalitions n’ayant pas la souveraineté nationale et le refus des armes illégales comme principe ou priorité dans leur programme électoral, à soumettre le pays au diktat des armes illégales et à l’idéologie qui les sous-tend (et les étend).

Tous ces « outsiders » ou indépendants qui occultent, ou relèguent au second plan le « plus important » – la souveraineté nationale et le refus des armes illégales – contribuent, sciemment ou non, à scier le Cèdre national qui tombera avant tout sur leur tête.

R.B.

 

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