Bombardement anticlérical.

« Sodoma, qui porte bien son nom, a de quoi révulser les homosexuels visés par l’homophobie de l’Église (…) Le sociologue français, Frédéric Martel, gai et incroyant, a consacré quatre ans à cette enquête qui dévoile l’ampleur insoupçonnée de l’influence des homosexuels au Vatican (…) Des lecteurs naïfs ne survivront pas aux descriptions des exactions commises par ces hommes de Dieu… » (Denise Bombardier).

Il y a un nouveau livre à scandale, anticlérical, intitulé Sodoma, qui fait son entrée sur le Marché du livre à sensation, et qui porte sur la face cachée, luxurieuse, homosexuelle, pédophile, abusive, misogyne, du clergé catholique, masquée par la « culture du secret » et bien tapie dans les cryptes, les sacristies et les presbytères. Les christianophobes s’en frottent les mains avant de l’ouvrir. D’autres, avant-gardistes, qui en ont eu la primeur, ou lu des extraits, se sont empressé-e-s de plonger leur dague dans l’encrier, au risque de s’éclabousser et se tacher les mains – fébriles –  pour enflammer le brandon, injectant sur le papier ou sur l’écran le poison de leur aversion, voire de leur haine du clergé. L’Église catholique, loin de s’en laver les mains, assume, subit, s’excuse, s’autocritique, s’autoflagelle même, se corrige, prend des mesures draconiennes, fait tout ce qu’elle peut… Le Corps du Christ, dont nous sommes nous aussi, chrétiens laïcs, membres à part entière, ploie sous la croix des abuseurs : abuseurs d’enfants par des prêtres, et abuseurs de l’Église entière – avec ses congrégations, ses institutions, sa liturgie, ses saints, ses docteurs de l’Église, ses martyrs, ses couvents, ses monastères, ses missions, ses écoles, ses universités, ses réalisations, ses inventions, ses découvertes, ses deux mille ans d’histoire, son milliard et demi de croyants – par les anticléricaux,  journalistes, journaleux, écrivains, écrivailleurs, scribouilleurs…qui prennent un malin plaisir, et un plaisir de Malin, à descendre en flammes l’Église, à la vouer aux flammes de l’Enfer… sauf qu’il est bien écrit, par la main de Dieu, que « Les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre elle » (Mt. 16 :18).

Non, aucune force anticléricale au monde, ne pourra « déboulonner » l’Église. D’abord, parce qu’elle a été boulonnée par le Christ, Lui-même, ensuite parce que cette Église, c’est aussi « nous » qui sommes ses membres, « nous », les quelque un milliard et demi de chrétiens catholiques, laïques et ecclésiastiques, qui formons le Corps Mystique du Christ, avec tous les autres chrétiens des différentes églises. Nous sommes tous, nous les baptisés, « prêtres, prophètes et rois ». Surmonté de la Croix lumineuse, ce Dôme est indévissable, indémontable.

Que les bombardiers volant en escadrille, qui n’ont d’autre occupation que de larguer leurs bombes incendiaires sur l’Église se rassurent : l’Église de Jésus-Christ est indéboulonnable et indestructible. Elle est bien vissée, primo sur Sa Parole, Vivante, même si cette Parole est trahie par des membres de Son Corps, secundo sur le socle de la foi, de l’espérance et de la charité (les vertus théologales, qui transcendent tous les vices), et tertio sur un long parcours millénaire –  théologique, canonique, hagiographique, ecclésiologique – qui précède, de bien loin, ses détracteurs et qui leur survivra… jusqu’au jugement dernier, où ils auront droit à notre intercession. 

Si la chair de cette Église est parfois faible, son Cerveau reste intact, son Cœur bat du Cœur Sacré de Jésus, et l’organisme est immunisé contre les attaques bactériennes et virales de ses ennemis, qui veulent sa peau pour nous entraîner dans leur désespérance, dans leur nihilisme, dans leur « rien au-delà », dans leur culture de mort, leur droit de tuer la vie (droit à l’avortement), droit de mourir (aide médicale à mourir), droit de se dénaturer (changer de sexe…). Je préfère mon Église, mon Corps imparfait, avec ses maladies, voire même ses tares, ce Corps humain, façonné par le Divin, à ce corps parfait, synthétique, robotique, transhumain, façonné par le Malin.

Pour ce qui est de cet « opus anti-Déi », affublé du titre Sodoma, conçu pour faire du Vatican un nouveau « Sodome et Gomorrhe » auxquels l’auteur de l’ouvrage s’identifie, étant lui-même un homosexuel incroyant, il n’est qu’un jalon de plus qui nous rapprochera de l’Église blessée et persécutée, et un « signe », de plus, qui nous démontre que cette Église est dans le « Vrai » pour être ainsi la cible privilégiée des forces du Mal.

Contrairement à ce que redoute, de manière tendancieuse, la promotrice de l’ouvrage, les lecteurs, « naïfs » ou pas, mais avertis, y « survivront ». Qu’elle en soit rassurée. Ils sauront faire la part des choses : celles relevant de la bonne foi et de la foi bonne, et celles relevant de la mauvaise foi des sans foi. Ils sauront séparer ce qui est mal, qu’il convient de combattre et d’extraire, de ce qui est malin et mal intentionné, qu’il faudrait écarter. Les lecteurs sauront discerner les « dessous », autres que ceux dont on parle dans le livre, qui seraient encore plus honteux. Les dessous qui veulent miner les fondements de l’Église catholique pour la « déboulonner ». Les « naïfs » d’entre les lecteurs n’iront certainement pas au suicide, surtout s’ils sont chrétiens. Les chrétiens  continueront à bien vivre, car ils sont tenus – et retenus – par une vérité transcendantale, fondamentale : la vérité avec le grand « V », qui est aussi celui de la Victoire. La vérité de Celui qui a dit : Je suis la Vérité et la Vie. Vérité sur laquelle l’Église catholique se fonde, et dans laquelle elle est fondue…à Vie !  Et ce, quelles que soient les vérités et les contre-vérités auxquelles elle fait face.  

Quant à l’auteur de la publication, gai, qui prétend que c’est son orientation sexuelle qui a facilité son entrée au Vatican (plus que sa spécialité sociologique ?) pour y « résider » (comme il s’avère) plus que pour y conduire des enquêtes qui se sont déroulées ailleurs, il devrait savoir un gré infini à ces quelque « 1500 ecclésiastiques, dont 41 cardinaux et 52 évêques » à majorité gaie, selon ses dires, de l’avoir généreusement accueilli, de lui avoir accordé des entrevues, de s’être confiés à lui, de lui avoir montré les « malformations » et « difformités » de leur Corps afin qu’il puisse les exposer au grand public, les dénigrer et les lyncher dans un livre à scandale, s’en enrichir et se propulser au pinacle de la notoriété. Il pourrait au moins saluer, dans cette Église honnie, vouée aux gémonies, son courage et sa transparence, chose que l’on ne verrait pas dans les institutions laïques, ni privées, ni publiques…et ce, plutôt que d’évoquer la « séduction » comme motif d’accueil et de rencontre, comme si l’enquêteur était irrésistible, des plus séduisants…

Il convient d’ailleurs de se demander comment un Collège si « vicieux » a pu élire des papes si vertueux, des papes exemplaires, tels que Jean-Paul II, le Missionnaire charismatique, devenu saint; Benoît XVI, le théologien d’envergure, digne d’être proclamé docteur de l’Église; François le réformateur, un saint en devenir, et ceci pour s’en tenir aux souverains pontifes récents.

En réponse aux accusations d’homophobie cléricale, le Vatican ne rejette nullement les homosexuels, en tant que tels, ni ne les juge, mais condamne la pratique – l’homosexualité – et ce, en conformité avec les préceptes bibliques et les codes de son droit canonique. Les homosexuels, aux yeux de l’Église, font partie intégrante du Peuple de Dieu et sont traités comme tels. Quelle que soit leur orientation sexuelle, prêtres, prélats, moines, moniales, religieux et religieuses catholiques sont assujettis au vœu de chasteté. Leur orientation sexuelle dominante importe peu. Ils ne sont pas considérés, évalués et sanctionnés en fonction de leurs penchants sexuels, mais de leur engagement sacerdotal et ecclésial et de leur soumission aux vœux qu’ils ont volontairement prononcés, afin de servir, et non d’être servis. Ce n’est pas l’orientation sexuelle qui  identifie ou définit l’individu, dans le monde catholique, comme c’est le cas dans le monde laïque où l’on se définit « homosexuel », « hétérosexuel », « transsexuel »…comme si la vie pivotait autour de la sexualité, la seule raison de vivre (ou presque) du monde profane.

Cette duplicité cléricale dénoncée par l’auteur (plus en polémiste qu’en sociologue), cette forme paradoxale « d’homosexualité homophobe » serait-elle le reflet de sa propre duplicité, mais anticléricale ? Ce n’est certes pas à nous, croyants, d’en juger, mais à Dieu.

Quoi qu’il en soit, M. Frédéric Martel, l’auteur de Sodoma, n’a absolument pas à se mettre martel en tête : son écrit passera, et les Écritures resteront ; son anticléricalisme passera, et l’Église restera. Et du sein de cette tempête, qui passera aussi, cette Église l’embrasse, de ses blessures, de son pardon et de son amour.   

Et pour rassurer (encore une fois) Mme Denise Bombardier, qui se demande, inquiète, à la fin d’un de ses articles sur le sujet, si l’Église catholique « survivra à cette bombe nucléaire », nous l’invitons à remonter l’Histoire bimillénaire de l’Église pour découvrir qu’elle en a connu de bien pire, de quoi comparer cette Bombe A, ce bouquin-boucan de plus, à un pétard mouillé. Outre son bouclier, le Paraclet, l’Église est munie de son Canon… anti-nucléaire. Mais avant tout, l’Église est l’incarnation du Corps – ressuscité – de son Fondateur : de Jésus-Christ. Et pour répondre à l’accusation de « misogynie » cléricale, ce sont des femmes qui ont, les premières, vu ce Corps ressuscité et en ont témoigné. Quel privilège ! Et grâce à leur premier témoignage, nous avons cru. Sans oublier que c’est bien une Femme qui nous a livré ce Corps. Une Femme que nous vénérons.

R.B.             

Liens de référence:

https://www.journaldemontreal.com/2019/02/19/leglise-deboulonnee

https://www.journaldemontreal.com/2019/02/23/scandale-au-vatican

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