CONVERSION

 

J’étais mort par le péché;

Par toi, le péché est mort ;

Dans ma nuit tu m’as cherché,

Tu as pris sur toi mes torts.

 

J’étais bien loin de ta croix,

Jusqu’à rencontrer le gouffre

Qui m’a plongé, moi le roi,

Aux pieds de mon Dieu qui souffre.

 

J’avais le cœur arrogant !

Il ne battait qu’à moitié ;

Quand est passé l’ouragan

Il m’a laissé ta pitié.

 

De mon Moi j’étais imbu ;

À l’Autre j’étais absent.

Lorsqu’à ta coupe j’ai bu

J’ai voulu verser mon sang.

 

De mon plat j’étais repu,

Fermé à ceux qui ont faim.

Lorsque ton Corps s’est rompu

J’ai pu partager mon pain.

 

J’étais aveuglé de vices

Avant de voir ta Vertu

Qui m’a porté au service

Des cœurs nus et abattus.

 

J’étais sous le joug du Mal

Car il me manquait ce rien :

Ton dépouillement total

Qui m’habille de son Bien.

 

Je croyais tout seul comprendre,

Fort de ma faible raison,

Et tu es venu m’apprendre

Au moyen d’une oraison.

 

Ton verbe était aberrant

Et me mettait hors de moi,

Jusqu’au jour où, en rentrant,

Je t’ai trouvé sous mon toit.

 

Je t’ai aimée sur le tard

Ȏ toi la belle Parole

Qui m’emplit de science et d’art

Par ses seules paraboles.

 

Tu m’as enflammé d’amour

Par ton Verbe-Vérité,

D’amour pur et sans retour,

Tout pétri de charité.

 

Tu m’as infligé ta Paix

Par un coup fatal de Grâce ;

De ton Nom je me repais

Et ton Esprit, je l’embrasse.

 

Mon long chemin inondé

Des larmes et des prières

De ma mère, a abondé

De ta Source et ta Lumière !

 

Dans ma renaissante humeur

Une boucle me ravit :

Vivant, loin de toi on meurt ;

Mourant, près de toi on vit !

 

R.B.

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