Échange entre un fœtus et sa mère.

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Fœtus : Maman ! Que vas-tu faire ? J’entends comme des rumeurs…

Mère : Je vais interrompre volontairement ma grossesse.

Fœtus : C’est-à-dire me tuer ?

Mère : Mais non, tu n’existes pas encore !

Fœtus : Mais comment ? Que suis-je alors, dans ton corps ? Quelque chose d’inerte ou de vivant ?

Mère : Ma flore intestinale est aussi vivante.

Fœtus : Mais elle ne t’interroge pas ; elle n’a pas de conscience !

Mère : Toi non plus.

Fœtus : Mais puisque je te parle !

Mère : C’est mon instinct maternel qui me parle. Je dois taire mes instincts.

Fœtus : Pourquoi pas ta conscience maternelle, maman ?

Mère : Ne m’appelle pas maman, tu n’es pas encore mon enfant !

Fœtus : Ah ! tu as dit « encore » ! Je suis donc destiné à l’être !

Mère : Pour le moment, tu ne l’es pas.

Fœtus : Mais je suis en voie de le devenir ! De devenir un être à part ! Je ne suis pas toi ; tu n’es pas moi. Je ne suis pas à toi ; je suis à moi !

Mère : Pas du tout. Tu es en moi, dans mon corps qui m’appartient.

Fœtus : Mais je ne t’appartiens pas. Je ne suis ni ta création, ni ta propriété, mais celles de Dieu ! Que sais-tu de moi ? De ce à quoi je ressemblerai ? De mes traits ? De mon caractère ? De mes qualités et défauts ? Dieu le sait, puisqu’il m’a créé ! C’est Lui qui me « dessine », pas toi !

Mère : Dieu ? Pfftt…Tu y crois, toi ?

Fœtus : Tu devrais croire en Lui ! Tu dis par exemple que ton corps t’appartient, mais tu n’y as aucune prise. Qui fait fonctionner ton corps ? Toi ? S’il t’appartenait tu devrais pouvoir faire fonctionner tes organes, ton organisme toi-même, faire battre ton cœur toi-même, faire en sorte de ne jamais tomber malade, ne jamais vieillir, ne pas tomber enceinte…

Mère : Assez ! Tu es un fœtus vraiment insolent ! Je fonce vers la clinique.

Fœtus : Est-ce que papa est au courant ? Il est d’accord ?

Mère : Il n’a aucune voix à ce chapitre. C’est mon corps, et c’est mon choix. Et tu l’appelles déjà papa ?

Fœtus : Ah ! Tu as dit « déjà » ? Je suis donc destiné à l’appeler ainsi, et tu veux m’en empêcher ! J’ai le droit de me développer, de naître, de vivre, de dire papa et maman ! J’ai les mêmes droits que les tiens !

Mère : As-tu encore quelque chose à ajouter ? Je suis pressée.

Fœtus : Oui, une question.

Mère : Laquelle ?

Fœtus : Et si les rôles étaient inversés ? Aurais-tu aimé que ta mère fasse de même pour toi? Non, n’est-ce pas ? C’est beau, la vie ! Comment se sent-on quand on la désire pour soi et qu’on la refuse aux autres ? Si tous les « pro-choix » se posaient la question !

Mère : Ah non ! Ça suffit ! J’ai assez prêté l’oreille à mon instinct…

Fœtus : À ta conscience !

Mère : Docteur ! Finissons-en !

Fœtus : Avant de partir, je veux quand même te dire merci, maman, merci de m’avoir porté quelques jours, quelques semaines, merci pour la vie que tu as nourrie en ton sein, même provisoirement. Je veux te dire que je t’aime, maman, même si j’aurais voulu croître pour te le dire plus fort et joindre le geste à la parole. Transmets mon amour à papa !

Mère : Oh mon Dieu, qu’est-ce qui m’arrive ?  Gardez-moi mon enfant !

 

Ronald Barakat

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