GHASSAN AU GRAND JOUR

 

Cher Ghassan, as-tu lu mon poème à Gebrane?

L’ont-ils fait parvenir

Au bout de ta retraite, à l’ombre des platanes,

Au seuil de l’Avenir?

 

As-tu lu ce papier en l’honneur de ton mage

Dont on s’est tant épris,

Dont la plume a puisé de ta vaillante image

Et de ton libre esprit?

 

Ghassan, je n’ai pas eu l’énorme privilège

D’un contact amical,

D’avoir pu feuilleter de près le florilège

D’un héros national;

 

Non, je n’ai pas eu l’heur d’être de tes disciples,

De voir ta larme à l’œil,

D’accompagner, stoïque, un périlleux périple

Jalonné par les deuils;

 

Je n’ai pu saluer tes succès en coulisses,

Après moult tractations,

Ni pu saisir l’Espoir qui remonte et qui glisse,

Comme une Frustration;

 

Je n’ai pu embrasser, et pays et famille,

Dans un égal amour,

Ni pu voir avec toi dans la Peine une amie

Dont tu as fait le tour;

 

Je n’ai pas entendu le chant glorieux de l’aube

Pointer de ton Journal

Jusqu’au moment fatal où le Jour se dérobe

Sous le choc hivernal;

 

Mais j’ai la chance inouïe de voir dans ta Parole

Une consolation,

Une manne tombant d’un Cèdre qui survole

Notre Révolution.

 

Maintenant que tu es au grand Jour, au Royaume,

Heureux, parmi les tiens,

Tu laisses par ta croix le Tracé d’un grand homme,

Que j’apprends et retiens.

 

R.B.

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