Greta Thunberg contre le « réchauffement psychique »

Si le phénomène Greta Thunberg, qui a fait d’un vendredi de grève scolaire, en Suède, un mouvement de grève planétaire baptisé « Fridays for Future », contribue à assagir le climat que les adultes ont rendu fou, il a par contre rendu fou certains climatosceptiques, cyniques et jaloux qui ne se contentent pas de dénigrer la jeune fille, mais qui en arrivent au point de la menacer de mort ! Il y en a même un, et non des moindres, président des Amis du Palais de Tokyo et du Tokyo Art Club,  qui a appelé, sur les réseaux sociaux,  à « l’abattre » ! Devenu ex-président, fort heureusement, limogé depuis cette insanité.

Mais pourquoi cette haine envers cette jeune fille qui défend, non seulement une juste cause, mais une cause vitale, et non seulement pour elle, mais pour nous ? Qui se retrouve en train de lutter, non seulement contre le réchauffement climatique, mais aussi le réchauffement, voire le surchauffement, psychique de certains « appareils » défectueux ? Pourquoi cette haine, non seulement de la part de désaxés, mais de la part de personnes, et même de personnalités, pivotant majestueusement sur leur axe professionnel, politique, médiatique, audio-visuel, artistique… ? Pourquoi Greta Thunberg les a-t-elle désaxés ? Et à ce point ? Même Macron l’a accusée « d’antagoniser nos sociétés » ! Est-ce parce qu’elle est « différente », par conséquent « insolente  » du fait de son autisme, qu’elle exaspère tant ? Et pourtant ce « handicap » devrait, au contraire, susciter davantage de sympathie et d’estime pour sa personne.  Est-ce à cause de son message ? Mais alors que ceux qui ne sont pas d’accord s’en prennent à son message, pas à sa personne. Pourquoi ces attaques « ad personam », ces offenses, ces moqueries, sur son expression faciale, son expression tout court… Pourquoi ces méchancetés ? Pourquoi cet acharnement sur la « forme » de Greta Thunberg plutôt que sur son fond ? Sachant que dans leur perception suprématiste elle leur est « inférieure », en raison de son autisme. Leur haine est-elle motivée par un sentiment de supériorité qui s’est senti surpassé par une « inférieure », aussi bien en âge qu’en capacités cognitives ? Ce n’est plus le syndrome de Greta Thunberg qui devrait être examiné, ou « mis en examen », mais celui de ses dénigreurs. En effet, le syndrome de Greta Thunberg est bien défini : c’est le syndrome d’Asperger. Mais celui des haineux est à définir. Je parie qu’il renferme une bonne dose de jalousie. Il ne faut nullement sous-estimer cet ingrédient !  Il est responsable de beaucoup de catastrophes avant la catastrophe climatique !    

Tout porte à croire que c’est plus la forme de la messagère et la forme de son message, plutôt que leur fond, qui suscitent tant de haine. En effet, aidée de sa « différence », de son syndrome d’Asperger qui la fait voir ces « supérieurs » à travers son paradigme, c’est-à-dire en face, ni de bas en haut, ni de haut en bas, elle leur dit leurs quatre vérités sans ciller, sans avoir froid aux yeux, sans se laisser intimider et impressionner par ces « grands » qui n’ont rien de grand à la lumière crue du regard d’une autiste qui s’est débarrassée de ce « surmoi » oppressant et inhibant. Voilà pourquoi elle a fait trembler les murs de l’Assemblée des Nations unies.

Voilà pourquoi les « non différents » et indifférents au réchauffement climatique la prennent en grippe.

Elle a donc bien raison de considérer, en réponse à ses offenseurs, que son handicap est, en la circonstance, un superpouvoir. Je dirais même plus : en toutes circonstances, et face à tous les pouvoirs.

R.B.

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