La vérité en marche…

 

“Nous sommes surpris par la confusion, les déclarations et les agissements contradictoires des responsables, d’autant que certains parlent de modification de la liste des noms”, déclare le chef des Kataëb.

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Je suis surpris que vous en soyez surpris, cheikh Samy, parce qu’il n’y a absolument rien de surprenant. J’aurais été, quant à moi, surpris du contraire : que ce décret ait suivi son cours ordonné, normal, qui consiste à établir une liste de noms sur base de critères bien définis, lesquels ne peuvent admettre des personnages louches, suspects, impliqués dans des trafics, proches d’un régime assassin, de remettre cette liste pour inspection à la Sûreté Générale, de recevoir son rapport, de revoir la liste en fonction de ses recommandations, de la soumettre au ministre de l’Intérieur pour approbation et signature, qui la portera à son tour au premier ministre pour sa cosignature après un réexamen minutieux de ce dernier, attentif à ne pas accorder par mégarde la citoyenneté libanaise aux « bras droit » de celui qui avait tordu le bras de son père pour la prorogation d’un mandat présidentiel, et qui est suspecté d’avoir commandité son assassinat… Une fois assuré et rassuré, le premier ministre soumet le décret de naturalisation au président de la République libanaise qui, soucieux de son image, de la réputation et des valeurs de ladite République, et en conformité avec le slogan « Liban fort », passera encore une fois la liste au peigne fin en consultant ses conseillers (s’il en a), et ce avant d’apposer sa souveraine signature.

C’est cette procédure, « anormale », qui m’aurait surpris ! Et non la procédure normale à nos anomalies.

Nous comptons maintenant sur vous et sur votre parti pour obtenir la version ORIGINALE du décret, tel que signé à l’origine, parce qu’il appert que plusieurs versions circulent sur le « marché ». Il nous importe, en tant que citoyens et électeurs, non pas de savoir qui est « finalement » sur la liste, mais qui était « initialement » sur la liste, car ce sont les intentions, ici, qui comptent. Il nous importe aussi de savoir selon quels termes les noms initiaux ont été choisis, sur base de quels arrangements éventuels, de quel bénéfice mutuel… Pourquoi ce décret est-il si « fantomatique », selon vos propres termes ? Pourquoi a-t-il rasé les murs, pris cet aspect « clandestin », créé cette « confusion » au sein de l’Establishment, une fois surpris par les projecteurs ? Pourquoi a-t-il généré tant de « contradictions » parmi les joyeux lurons qui font grise mine, aujourd’hui, et qui nous accusent, avec vous, de nous en prendre au prestige de la présidence de la République ?

C’est justement pour préserver ce prestige que nous nous indignons ; c’est pour défendre notre dignité et notre intégrité nationales que nous tempêtons ; c’est pour protéger notre nationalité de la « dénaturation » que nous nous insurgeons ; c’est pour sauver notre citoyenneté de la dissolution, du galvaudage et du naufrage que nous nous mobilisons !

Nous comptons sur vous, représentants du peuple, pour confondre les représentants de la foule, pour traquer le lièvre jusqu’au fond de son terrier et lui arracher ce décret de malheur, pour chasser ce « fantôme » en vue de chasser tous ces fantômes qui hantent le pays !

Nous comptons sur vous pour nous dire la vérité sur ce décret, partant sur tout ce qui se trame sous le ciel et dans les dédales de cette République que nous ne voulons plus bananière. Nous comptons sur vous pour nous dire toute la vérité, partout, en tout temps et en tous lieux, « aussi difficile soit-elle ». Car la vérité non seulement nous libérera, mais libérera aussi la foule pour en faire un peuple.

« La vérité est en marche ; rien ne peut plus l’arrêter » (Zola).

R.B.

 

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