La victoire est à vous.

 

Je n’ai pas l’esprit en fête:

Vous n’êtes pas parmi nous.

Je monte, là où vous êtes :

Je prie pour vous, à genoux.

 

J’ai l’esprit à la prière,

Mais aussi au garde-à-vous

Pour vous, fils de notre terre ;

Pour vous, et rien que pour vous !

 

J’ai la conscience béante

Pour notre lâche abandon ;

Et, tendant ma main tremblante,

Je reçois votre pardon ;

 

Je reçois votre courage,

Et je reçois votre amour

Que je lis sur vos visages

Et que j’écris en ce jour ;

 

Je reçois votre martyre,

Je reçois votre bonté ;

Pour notre meilleur, le pire

Que vous avez affronté ;

 

Je reçois vos faux espoirs

Et je reçois vos attentes ;

Et j’entends votre au revoir

En voyant notre descente ;

 

Je m’éclaire de vos yeux

Pleins de feu et de vaillance,

Qui se sont portés aux cieux,

Sur l’aile de l’espérance;

 

Et de votre foi royale,

De son exemplarité :

Votre insoumission loyale

Durant la captivité.

 

Vous avez vaincu la haine

Et votre souffle au repos

Porte une onde souveraine

Qui fait frémir le Drapeau.

 

Mon cœur n’est pas à la fête,

Il est sens dessus dessous ;

Mais non plus à la défaite

Car la victoire est de vous…

 

Car la victoire est à vous !

Pour vos dons et vos supplices,

Et pour votre rendez-vous

Au sommet du sacrifice.

 

Sur nos collines si chères

S’est planté notre salut

Grâce à vous, et à vos frères,

Et nous vous disons : salut !

 

R.B.

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