Le jour du 13 opprobre…

Le jour du 13 octobre

Ils sont montés au front ;

Au soir du 13 opprobre

Ils ont subi l’affront.

Le jour du 13 octobre

Ils étaient au combat ;

Au soir du 13 opprobre

On les amène en bas.

Ils se sont défendus

Ce jour-là, sous un chef ;

Puis ils se sont perdus :

Leur leadership fut bref.

Ils se sont adonnés

Au jour, tout feu tout flamme,

Pour être abandonnés

Au soir, et rendre l’âme.

Ils avaient répondu

Au signe de leur grade,

Puis ils ont entendu

L’appel de l’ambassade.

Le jour, c’étaient des lions

Rugissants, immortels ;

Le soir c’étaient des pions

Sacrifiés pour l’hôtel ;

Le jour, c’étaient des braves

Et le soir des martyrs ;

Dignes, et d’un air grave

On les voyait partir…

Le front haut et livide,

Tourné contre le mur,

Ils sont tombés, avides

D’offrir un pays mûr.

Le jour du 13  octobre

Ils ont croisé le fer ;

Le soir du 13 opprobre

Ils ont connu l’enfer.

De soldats combatifs

Le jour, de tout leur être,

Ils sont rendus captifs

Le soir, pour disparaître…

Ils ont livré la guerre

Au mal, c’est l’essentiel.

Ils ont chéri leur terre ;

Ils ont gagné le ciel.

À chaque 13 octobre,

D’en haut, de leur Fortune,

Ils voient un 13 opprobre

En bas, sur la tribune…

Qui vante leurs mérites

Et loue leurs sacrifices,

D’une mine hypocrite

Au ton plein d’artifices.

À chaque 13 octobre,

Par une déraison,

On rappelle l’opprobre

Appelé Trahison.

R.B.

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