LES AMANTS MARTYRS

 

Nous aurons de l’or blanc,

De l’or plein les étoiles,

Et l’Amour de mille ans

Nous prendra dans sa voile;

 

Il nous fera le tour

Des sphères inouïes,

Des Mondes où le Jour

S’accouple avec la Nuit,

 

Des édens où la Paix

S’étend à perte d’âge,

Où l’Oiseau se repaît

Dans les bleus pâturages;

 

Où l’Agneau prend l’essor,

Emportant ses brebis

Revenues de la mort,

Dans leur céleste habit.

 

Nous aurons des lits doux,

Des lits couverts de mousse,

Et des bras de partout

Nous berceront, ma douce;

 

Ils nous mettront à nu

Et panseront nos plaies,

Et les douillettes nues

Nous donneront leur lait.

 

Nous irons, tels des dieux,

En tournées sidérales

Et danserons, radieux,

Au milieu du Grand Bal.

 

Dans l’infini voyage

Nous ferons une escale

Au port d’appareillage

De la terre natale

 

Et nous verrons fleurir

Le rayonnant Printemps,

Planté par nos martyrs,

Grandi sur leur étang.

 

Nous reprendrons la marche

Vers les pays d’Ailleurs

Et, du bord de notre arche,

Nous lancerons des fleurs

 

Aux peuples que l’on noie

Dans leur sang de fierté,

Qui battent, de leur Voix,

Pavillon Liberté.

 

Nos flamboyantes ailes

Porteront nos cœurs d’ange

Vers des Lieux parallèles

D’où vient un bruit étrange :

 

Survolant un Cratère,

Un bouillonnant Bassin,

Nous verrons, ô ma chère,

Cuire nos assassins,

 

Émerger de l’Abîme

D’ardentes mains tendues

Et nous, de notre cime,

Nous rendrons le salut.

 

R.B.

 

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