Lettre de Jésus-Christ aux protestants.

Mes chers fils, mes chers frères,

Je tiens d’abord à vous exprimer toute ma reconnaissance pour l’adoration exclusive que vous me portez, ainsi qu’à mon Père et à l’Esprit-Saint, qui formons Un.

Je voudrais féliciter, en particulier, mon serviteur Luther pour sa dénonciation du « commerce des indulgences », en son temps, dont la pratique constitue une chute  grave dans le parcours de mon Église, et d’avoir consacré la majeure partie de ses « 95 thèses » à cette question. Mais il fallait s’en tenir à cela, à la condamnation d’un tel trafic dans l’intention d’y mettre fin, sans pousser la contestation jusqu’à remettre en cause la doctrine, ébranler les fondements de mon Église, créer des divisions, des antagonismes entre pasteurs qui ont égaré mes brebis, les ont montées les unes contre les autres, les ont transformées en des loups jetés dans l’arène des guerres de religion ! Il fallait s’y prendre de sorte à préserver l’unité de mon Église, qui est mon Corps, au lieu de la démembrer et de l’émietter en une multitude d’églises !

Cette « protestation » devait être positive, constructive, fraternelle, s’exprimer sagement, de l’intérieur de la Maison, pour son bien et celui de la Maisonnée. Croyez-vous que mes premiers apôtres n’avaient pas des différends ? Ils ont su les gérer avec sagesse, dans mon Esprit d’amour. Au lieu d’en faire de même, vous avez entraîné vos ouailles en dehors de l’enclos et placé les deux milieux en confrontation, souvent sanglante ! Même si telle n’était pas votre intention, et sans vouloir disculper, loin de là, les pasteurs d’en face qui assument également une bonne part de responsabilité. En agissant de la sorte, vous avez, tous, trahi ma Parole, et surtout vous qui y êtes si jalousement attachés.

Ce qui est fait (ou défait) étant fait, et le divorce ayant assez duré, je vous demande d’accélérer le rapprochement observé ces dernières années avec vos frères catholiques, de cesser ces querelles de clocher sur des questions dogmatiques que je considère, en tant que principal concerné, des plus futiles ! Peu m’importe de savoir – même si Je sais –  si c’est la foi ou la bonne action qui justifie l’homme et lui assure le Salut. Les deux vont de pair et se répondent mutuellement. Les deux font un, comme ma parole et mes actions faisaient un durant mon ministère sur terre !  Se demander (en se querellant) si les bonnes œuvres sont la cause ou la conséquence du Salut, c’est tomber dans le paradoxe de l’œuf et de la poule, c’est se placer à côté de ma plaque car dans ma logique divine, les choses peuvent aller dans les deux sens et l’inverse peut être vrai ! Si mon serviteur Paul a fait primer la foi pour la justification de l’homme dans ses épîtres, j’ai démontré l’inverse, la primauté des bonnes œuvres dans mes prêches et dans mes paraboles, notamment la « parabole des dix vierges », la « parabole des talents » et, surtout, celle du « Jugement des nations ». La sola scriptura, ce n’est pas seulement les épîtres de Paul, mais aussi celle de Jacques qui affirme que « comme le corps sans âme est mort, de même la foi sans les œuvres est morte » (Jacques 2 :26), faisant ainsi de la foi sans les œuvres un cadavre ! Et puisque vous affectionnez particulièrement les écrits de Paul, je vous renvoie à son célèbre verset : «Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité; mais la plus grande des trois, c’est la charité » (1 Cor 13 :13).  Je vous épargnerai les nombreux passages de mes Écritures qui mettent en lumière la prééminence des bonnes œuvres comme condition du Salut. « Ceux qui me disent : Seigneur ! Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux » (Mt 7 :21). Et je dis bien qui « fait » la volonté de mon Père.

Croyez-vous que je sois un Dieu aussi arbitraire, aussi injuste, pour ne pas laisser à l’homme un libre-arbitre, le mérite de son salut ? Pour distribuer des grâces, arbitrairement, à qui je veux ? Inclure les uns et exclure les autres qui, par conséquent, n’y seraient pour rien ? Faire preuve d’une telle sélectivité dans la destinée des âmes qui me sont toutes également chères ? Comment pouvez-vous croire à une telle incongruité et la professer ? Et ainsi porter atteinte à l’image de ce Dieu infiniment bon, miséricordieux et juste ? Où est donc mon amour et où est ma justice si je devais prédestiner les uns au salut et les autres à la damnation ? Et pourquoi avoir créé, à l’origine, ceux qui seront voués à la damnation, connaissant leur destinée, de par ma prescience ? En pensant de la sorte, vous faites de ce Dieu, si Bon, un dieu cruel, injuste, sadique, qui condamne à l’avance, d’autant plus que l’enjeu porte sur une vie éternelle ! Est-ce sur cette aberration que vous fondez votre croyance ? Sur l’idée d’un Créateur qui prive sa créature de Sa grâce, par simple caprice, et qui la voue aux peines éternelles ?

Non, je ne distribue pas mes grâces sélectivement, à qui je veux, et la foi n’est pas suscitée par ma grâce. Il faut aller les chercher pour les obtenir, et c’est là où réside le mérite de mon frère et de ma sœur, appelés à s’unir au Père avec et à travers Moi, qui suis le Chemin et la Vie. Et il revient à l’homme d’emprunter ou non ce Chemin, de par sa seule décision, sa seule volonté. Que de fois ai-je dit, durant mon ministère, « ta foi t’a sauvé » ? Je vous renvoie, à titre d’exemple, à « la femme atteinte d’une perte de sang » qui est allée toucher mon vêtement, à mon insu, et m’arracher un miracle, malgré moi ! (Luc  8 :43-47). Sa foi, venant d’elle, a appelé ma grâce !

Je ne suis pas un Dieu qui prend le mérite à Lui, mais qui le donne. Je suis un Dieu qui donne, et à tous ceux qui veulent, de par leur libre choix, recevoir. Et ma grâce n’est pas une « faveur imméritée », mais un don précieux à celui et à celle qui le mérite. L’homme revêt toute sa valeur « divine » à mes yeux, puisqu’il est appelé à me rejoindre après avoir été racheté par moi, le Fils de l’homme. Je ne me suis pas fait homme pour une créature « imméritante », mais méritante.

Rejoignez donc vos frères catholiques sur ce point… et sur tout. Unissez-vous. Soyez Un comme je suis Un avec mon Père. Ne laissez plus le Diviseur vous disperser et vous égarer.

Ne déniez pas à mes prêtres leur fonction de prêtre et l’administration par eux des sacrements et des rites en voulant universaliser le sacerdoce et le rendre accessible à tout un chacun. Toute institution a besoin d’administrateurs et mon Église a besoin d’un corps clérical pour gérer mon Ministère. Votre propre institution possède une structure hiérarchique gérée par des pasteurs et dirigée par des Révérends, qui sont aussi des « prêtres » dont certains occupent même une fonction épiscopale, possèdent le titre d’« évêques » (chez les Luthériens) qui sont des inspecteurs ecclésiastiques !  Il y a donc forcément les pasteurs d’une part et les brebis d’autre part qui ne peuvent devenir pasteurs que par vocation et suite à une formation. Vouloir uniformiser le sacerdoce est irréaliste. Votre devise selon laquelle tout chrétien est « prophète, prêtre et roi » ne tient pas la route. D’ailleurs, Jean-Baptiste est le dernier des prophètes qui a annoncé ma venue et aplani mon chemin. Il n’y en a plus d’autre. J’ai moi-même choisi mes disciples, au nombre de douze, qui étaient des prêtres missionnaires. Une institution cléricale requiert des clercs au service des fidèles, pour son bon fonctionnement, tout comme une entreprise requiert des employés au service de sa clientèle.

Pour ce qui est de la confession, la médiation du confesseur, en la personne de mon prêtre, est non seulement salutaire, mais salvifique. N’ai-je pas dit à mes disciples « tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel » ? (Mt 18 :18). Puisque vous êtes si attachés à la lettre de ma Parole, prenez-la toute, et non ce qui vous convient uniquement !

Sur les autres questions, rendez le juste culte à ma mère. Car je le veux. C’est moi qui l’ai confiée à vous sur la croix (« Voici ta mère ») et qui vous ai placés sous sa protection maternelle (« Femme, voici ton fils »). Elle a bien annoncé, dans les Écritures, que « Désormais toutes les générations me diront bienheureuse » (Luc 1 :48), outre son rôle dans l’Apocalypse.

Vénérez aussi mes saints. Profitez de leur vécu, de leur héroïcité, de leurs témoignages, de leurs œuvres et de leurs pouvoirs d’intercession. Donnez foi aux révélations dites privées, reconnues par mon Église : les mariophanies, les apparitions, les expériences mystiques, les visions, et les innombrables signes et prodiges qui en découlent. Ces révélations ne peuvent provenir du Malin puisqu’elles rapprochent les gens de Dieu et font des convertis ! Les révélations privées confirment le dogme de l’Église Universelle !

Je compte sur vous, tous, pour réunifier mon Église – mon « Corps » – et je vous embrasse.

 

Jésus-Christ

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