LINCEUL TÉMOIN

DuranteAvant

 

Qu’il est doux ton visage

Sur ce linge de lin

Qui a couvert les âges

Et défié le Malin,

 

Qui a fui l’incendie,

La noyade et le vol,

Les théories hardies

Et repris son envol.

 

Ton corps nu est si sage

Sur ce profond linceul,

Si beau, par les ravages

Qu’il a subis tout seul

 

Pour nous ouvrir les portes

De la Félicité,

Pour que notre âme morte

Vive l’Éternité.

 

Qu’il est grand ton Message

Sur ce drap survivant,

Rescapé des naufrages

Pour te livrer vivant;

 

Qui a peint ton calvaire,

Peiné, sué, saigné

Et percé ton Mystère

Par ces plaies aux poignets,

 

Par ces coups et blessures

Portés à la Brebis,

Ces lésions, meurtrissures

Racontées par l’Habit.

 

Sous ton casque d’épines

Tu as fait du chemin!

Et gardé bonne mine

Sur ce long parchemin

 

Qui a vu ta prunelle,

Après un bref sommeil,

Flamber d’une étincelle

Et sonner le Réveil;

 

Qui t’a vu disparaître,

Comme il était écrit,

Partout réapparaître

En tant que Jésus-Christ.

 

R.B.

Il est une foi (p. 27)

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