Meerab : de l’enjeu au jeu.

 

Commodus: Have I missed it? Have I missed the battle?
Marcus Aurelius: You have missed the war.

(Gladiator).

« Pour Meerab, l’enjeu véritable de la quote-part FL est le nécessaire équilibre politique du gouvernement » (OLJ)

Votre enjeu véritable est devenu un jeu de pouvoir, d’ordre purement institutionnel, un jeu de chaises, pas très musicales, mais ministérielles, un jeu auquel vous vous adonnez dans un esprit narcissique de Club, lequel commande l’esprit de compromis, voire de compromission. Vous ne visez nullement à assurer le « nécessaire équilibre politique », mais à vous équilibrer, à l’aune de la conjoncture, en bons équilibristes, de sorte à vous assurer une bonne place « sous le soleil de Satan », pour reprendre ce titre de Georges Bernanos. Votre « jeu » de mots ne sert qu’à maintenir votre assise dans l’aveuglement et à jeter de la poudre aux yeux des quelques « éclairés » dans vos rangs (s’il en reste encore), dans le but de les aveugler à leur tour et les rattacher au lugubre cortège de ceux et celles qui vous suivent aveuglément et à l’aveuglette.

Mais les aveugles et les aveuglés parmi vous, du moins une partie d’entre eux, finiront, tôt ou tard, par voir ; par revoir la vocation initiale des FL, par visualiser mentalement vos affiches électorales, théoriques, et les comparer avec votre pratique. En espérant que ce recouvrement (miraculeux) de la vue aura lieu plus tôt que tard, et ceci moins pour la cause des libertés, que nous défendons bien sans vous, que pour votre propre cause, votre propre  « présence », non au sein du futur gouvernement, mais au sein de l’histoire, qui retiendra votre pusillanimité, votre traîtrise et votre lâchage… ainsi que votre fromagisme que vous enrobez du terme de « quote-part ».

Depuis votre changement de cap, pré et post-électoral, qui a atteint son pic par votre honteuse absence du rassemblement d’hier à la Maison des libertés, de la dignité et de la souveraineté – la Maison des Kataëb – vous n’avez plus rien à voir avec la cause que vous prétendez défendre, mais tout à voir avec la défense de votre propre cause, partisane, institutionnelle, confessionnelle. Vous n’êtes plus que l’ombre de votre cause, l’ombre de vous-même, l’ombre de cette « lumière » qui était sortie des ténèbres de la persécution et de la détention. Vous étiez bien plus libre dans votre cellule. Retournez-y.

Depuis que vous avez retiré l’Alliance du 14 mars de votre doigt, vous êtes devenu un parti « adultère ».

Votre superbe indifférence, votre assourdissant silence, votre pesante absence dans l’affaire de l’interdiction de la conférence de Saydet el-Jabal sonnent le glas de votre vocation… à moins d’un sursaut de votre corps inerte par la décharge électrique d’un défibrillateur cardiaque. Mais il faut une décharge au cerveau aussi, et pas seulement au cœur. Votre cerveau est atteint du « syndrome de Stockholm ». Il est, de plus, touché par la bactérie de la peur panique, et par celle de la boulimie du pouvoir.

Votre cerveau malade a suivi les circonvolutions d’autres cerveaux qui ont préféré baiser la main (armée) qu’ils ne peuvent briser en souhaitant que le sort s’en charge (pour reprendre le dicton libanais).

Je ne sais pas si votre « base », la base partisane de votre cerveau, est aussi touchée. S’il se trouvera quelque partie encore indemne de ce cerveau partisan pour s’interroger et vous interroger, pour vous demander ce que vous faites, où vous allez, ce que vous devenez, ce qu’il est advenu de l’esprit de Bachir, qui est l’esprit d’un peuple, d’un peuple souverain, transcommunautaire et digne, et non un esprit confessionnel de compromission, de soumission et de calculs mesquins, qui est devenu le vôtre. Je ne sais pas s’il se trouvera quelque étincelle neuronale pour un soulèvement salutaire, pour une intifada interne, une action corrective, une intervention neurochirurgicale dans votre bloc opératoire.

Espérons toujours, plus pour vous que pour nous, qui nous débrouillons bien sans vous. Nous, les Kataëb, le PNL, le rassemblement de Saydet el-Jabal, les associations civiles, les esprits libres, les fidèles du 14 mars – toutes confessions et idéologies confondues – fidèles à la mémoire de ses martyrs que vous avez oubliés, fidèles à l’histoire ancestrale du Cèdre millénaire…

Espérons votre retour, pour vous plus que pour nous, votre retour au bercail de la souveraineté, votre réengagement dans la bataille des libertés, afin de ne pas vous retrouver en marge de l’histoire, de la victoire, dans la situation de Commodus, dans le film, ce nom qui vous va bien depuis vos accommodements pour des raisons de commodité institutionnelle.

Afin que vous n’arriviez pas trop tard, pour demander si vous avez raté la bataille des libertés et que l’on vous réponde, à l’exemple de Marc Aurèle, que vous avez raté la guerre,  guerre que nous aurons remportée, bravement, sans vous.

R.B.

 

Comments are closed.