MON CHEMIN DE CROIX.

1ère Station: Jésus est condamné à mort.

Je te revois, Seigneur, dans l’abandon où je suis moi-même laissé, et je me sens moins abandonné ; je te revois dans ta solitude parmi les tiens, et je me sens moins seul, car associé à Toi. Je te revois devant cette foule en rage, cette houle ingrate, cette masse informe qui a préféré Barabbas à Toi, qui a été la voix du Diable et non la voix de Dieu, qui a sauvé le malfaiteur et condamné le Sauveur. C’est cette même foule qui s’est exprimée de la sorte, cette même « voix » qui a fait le même choix, depuis toujours et jusqu’à nos jours.

Je revois la lâcheté d’un Pilate, et je me sens moins lâche comparé à lui, mais tout aussi coupable de n’avoir rien dit, rien fait, de m’être lavé les mains devant les iniquités de mon temps, devant les condamnations injustes, devant les violations des droits humains, devant les tortures et les massacres, devant les injustices que je rencontre au quotidien. Aide-moi à avoir ton courage, ta bravoure d’avoir dit leurs quatre vérités aux Pharisiens, d’avoir transgressé les règles injustes pour instituer de plus justes, d’avoir fait en sorte que « le sabbat ait été fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat », d’avoir fait du bien, des miracles, au moment où il était interdit d’en faire, d’avoir pris le contre-pied de la loi du talion en prêchant le pardon « jusqu’à soixante-dix fois sept fois » (Mt 18:22) et en prônant la loi de l’amour du prochain comme soi-même, et même l’amour des ennemis. Voilà pourquoi tu as été condamné ! Pour avoir été un roi de paix au lieu du roi de guerre qu’ils attendaient, un roi qui affirmait que son Royaume n’est pas de ce monde et qui intronise tous ceux et toutes celles qui pénètrent Son monde. Aide-moi à avoir un brin de ton courage, à dire la vérité, à professer Ta Vérité sans craindre les persécutions et les condamnations, à faire face, comme toi, aux Pharisiens, aux Pilate et aux Caïphe de mon temps, et à leur « clientèle » en délire, dans une attitude et une foi imperturbables, bien que, contrairement à toi, je mérite ma condamnation. Je la mérite pour mes fautes, mes erreurs, mes égarements, mes vices, ma vanité, mon égoïsme, et je sais que tu t’es fait condamner pour moi, pour mon rachat. Tu as pris sur toi toutes les sentences qui me reviennent, toute la charge que je devais porter, sachant que j’en suis incapable. Tu l’as fait par amour, librement, pour mon Salut.

2ème Station : Jésus est chargé de sa Croix.

Voici « ma » croix ou plutôt « mes » croix sur tes épaules : la croix de ma culpabilité, la croix de mon regret et la croix de mes échecs. Et me voici marchant dans ton ombre sanglante, dans ton sillage, non pour t’aider, mais pour te railler, emporté par « l’effet de foule ». Je marche avec eux, et contre toi. Je me joins à leur sadisme, à leurs moqueries, à leurs insultes, à leurs crachats, à leurs fouets, à leur perdition… Je n’ose montrer aucune faiblesse, de peur de connaître le même sort. Je te vois évoluer avec peine, traîner cette poutre qui est la mienne, et ployer davantage sous le joug de mon reniement. Je fixe tes pieds écorchés et je me rappelle les pieds que tu avais lavés la veille… et qui ne sont pas là. Ils ont fui. Je remonte plus loin et je vois les petits pieds de l’Enfant dans sa crèche : les doux pieds de l’Innocence qui, grandis, sont restés tels quels, ont parcouru les contrées pour prêcher l’Amour. Ils sont là, maintenant, tes pieds, sur le chemin du Calvaire : écrasés sous le poids de la haine, de la cruauté, de l’inhumanité.

3ème Station : Jésus tombe pour la première fois.

Tu titubes et tu tombes. Tu t’écrases pour me relever. Tu cèdes sous le poids de ma culpabilité, de mes péchés, de mon indignité, et je te regarde et te laisse faire, sans savoir pour qui tu souffres, pour qui tu te sacrifies ; sans me rendre compte que Toi, émané du Créateur, tu souffres le martyre pour moi, la créature, pour la rémission de mes fautes. Et personne, parmi ces âmes faibles, pour te prêter main forte. Et je contemple ta forme meurtrie, brisée, déchirée par les lanières du Mal, soulagé du fardeau que tu as pris pour moi et qui t’écrase. J’évite ton regard qui me cherche ; j’évite aussi le regard des bourreaux qui ne me remarquent pas. Je crains qu’ils ne perçoivent quelque pitié dans le mien. Et je rugis avec eux pour que tu te relèves. Je dois paraître aussi dur, aussi cruel qu’eux, pour mon salut.

4ème Station : Jésus rencontre sa mère.

Mère, voici le Fils que tu as nourri pour nous nourrir qui se ravive à ton contact, qui reprend des forces par ton amour, mais qui, te voyant si éplorée, se trempe à tes larmes bénites et ajoute au poids de sa croix ta douleur de mère. Mère endolorie ! C’est ta propre chair qu’on lacère, ton propre sang qu’on répand sur l’autel du Sacrifice universel. Son dépouillement te dépouille. Il te dépouille depuis sa nudité natale, depuis cette crèche où Dieu s’était fait enfant avant de se faire homme, et tout au long de sa vie dédiée au Père et à Son Dessein, jusqu’à ce moment de dénuement où sa kénose vient rencontrer la tienne, maternelle, en une ultime fusion de tendresse infinie. Et moi, ma Mère, je n’ai rien vu, ni senti. Je me suis dérobé à ton regard qui cherchait de l’aide pour ton fils. J’ai renié la Mère après le Fils, partant le Père. Je me suis renié. J’ai renié mes origines et ignoré les signes qui marquent chaque Station.

5ème Station : Jésus est aidé par Simon de Cyrène à porter sa Croix.

On cherchait quelqu’un pour l’aider à porter sa croix, mais attention de me trouver : cette croix n’est plus la mienne ! J’évite de côtoyer les bourreaux, je me fonds dans la foule. Et s’ils voulaient me tester pour voir si j’avais quelque sympathie pour le supplicié ? En vue de me punir ? Et si cette croix redevenait mienne ? Et si on décidait de me mettre à sa place et de me crucifier ? Ne me cherchez pas ! Je ne suis pas là ! Tenez, voilà quelqu’un d’autre pour le faire : Simon de Cyrène.

On le prend, on le force à épauler le condamné. Il paraît hésitant. Il partage, sans doute, mes appréhensions. Mais on ne lui laisse pas le choix. On le contraint à venir en aide, non à la Victime sacrificielle, non à l’Agneau, mais au sacrificateur, et pour faire vite. Il faut atteindre la colline avant qu’il ne fasse sombre. Et Simon d’y aller de sa robustesse humaine pour soutenir l’humilité divine. Quelque chose se produit : un échange du regard, de la pensée, qui fait de l’acte forcé une action volontaire, humanitaire. Simon, qui prêtait l’épaule, offre à présent son corps, son cœur, son âme… Il ne veut plus se défaire de cette croix ! Il a fallu l’y arracher ! Comme je l’envie, du fond de ma lâcheté !

6ème Station : Une femme pieuse essuie la Face de Jésus.

Elle se fraye un chemin à travers le Chemin raboteux et tumultueux, sans peur d’être rabrouée, munie de sa foi et de sa compassion. Elle l’atteint au visage et au cœur : au visage pour l’essuyer, et au cœur pour s’essuyer de ses péchés. Il lui offre son visage tuméfié, défiguré, ensanglanté. Elle passe un linge sur ses traits pour voir aussitôt apparaître la Sainte Face, lumineuse, préfigurant l’Icône qui marquera à jamais l’humanité. Il offre à Véronique le reflet de son geste charitable, de son secours, comme un signe pour encourager les actes charitables à chacun de « ces plus petits de mes frères » (Mt 25 :40) dont on essuierait ou allégerait la souffrance. Si cette femme ou une autre venait à essuyer ma face elle essorerait son linge de la sueur froide de ma peur, de ma mauvaise conscience, de mes cauchemars éveillés. Mais elle ne saurait le faire, car ma face, je l’ai cachée, je l’ai enfouie dans le tumulte de ce bas monde et celui de mon monde intérieur.

7ème Station : Jésus tombe pour la seconde fois.

Et ta rechute me renvoie à la mienne. Elle s’y associe pour aider à me redresser, à me tirer de mes vices, de mes précipices, de mes dépendances, de mes défaillances… Mais je manque de réceptivité. Je manque de sympathie. Je manque du silence intérieur nécessaire pour te saisir la main, au milieu de cette furie qui s’acharne sur toi pour que tu te relèves. Et cette furie, elle est bien plus en moi qu’en dehors de moi. Les coups de fouet, les injures, les moqueries, ne proviennent plus seulement de l’effet de foule, mais de moi, isolément, volontairement, du fond de ma jalousie. Jaloux de ta notoriété, jaloux de ton succès, jaloux de ta divinité, jaloux de ta pureté que la boue du chemin ne parvient pas à entacher. Tu es mon antithèse et celle de mon genre. Tu es ce que je ne pourrai jamais être. Tu es la Force que je ne pourrai jamais acquérir par moi-même, par mes propres moyens. Tu es la Résilience qui te fait relever encore une fois pour poursuivre la Route que tu t’es tracée, tout en traçant dans ton sillage nos propres routes. Tu es l’Humanité, la Divinité et la Dignité qui me sont à jamais interdites. Je te hais.

8ème Station : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem.

Et pendant que tu vas ton Chemin, le lourd patibulum pesant – du poids de mes péchés –  sur ton épaule, d’autres femmes, courageuses, pacifiques, tendres et aimantes, de par leur nature qui ressemble à la tienne, se dirigent vers ton iconique Posture pour te consoler, pour te laver les blessures de leurs pleurs. Ces femmes éplorées par leur propre condition, leurs propres épreuves, les abus dont elles font l’objet, trouvent maintenant dans ton martyre la Source de leur affliction pour toi et de leur consolation par toi. Et tu leur demandes de « ne pas pleurer sur toi », mais sur le genre humain comme pour les appeler à racheter, par leur tendresse de femmes, la cruauté des hommes ; comme pour les inviter à noyer dans leurs larmes de mères les actes ignobles de leurs fils ; comme pour les encourager à dissoudre dans leur cœur sensible de sœurs la dureté de leurs frères.

9ème Station : Jésus tombe pour la troisième fois.

Me voici rechuter dans la hargne collective, impersonnelle, et dans ma fange intime, personnelle. Me voici me vautrer dans mes vices et narguer ta Vertu qui vient chuter encore une fois dans l’espoir de me relever. Tu es là, à terre, une fois de plus, et tu découvres tes plaies comme pour vouloir refermer les miennes, qui saignent dans ma conscience. Tu me dévoiles, à travers les déchirures de ta tunique, la plaie de ton épaule droite que la poutre a entaillée, et celles de ton dos et de ton genou, causées par les chutes. Tes plaies ne se comptent pas, déjà. Elles ne se comptent sûrement pas sur les doigts d’une main, ni des deux. Tes Plaies résument toutes les plaies du monde.

Et me voici, comme ce démoniaque, accourir vers toi pour t’invoquer et te reconnaître, malgré le Mal qui m’habite. Je me sens tiraillé, écartelé, en pleine convulsion intérieure, comme un possédé en état d’exorcisation. Étrangement, j’ai moins peur de me trahir. D’ailleurs les bourreaux sont beaucoup plus occupés à te fouetter pour que tu te relèves qu’à prêter attention au déséquilibré qui t’accompagne, riant et pleurant à la fois.

Et au moment où tu te relèves, le démoniaque est miraculeusement guéri. Tu es tombé pour la troisième fois, et moi pour la dernière.

10ème Station : Jésus est dépouillé de ses vêtements.

Te voilà arrivé au bout de leurs haines, mais non de tes peines : sur le lieu appelé Golgotha. Ton dépouillement, à ta mise au monde, trouve son apogée dans ton dépouillement à ta mise en croix. Avant d’être dépouillé de tes vêtements, pour être ainsi mis à nu, tu t’es dépouillé, par les flagellations et les écorchures du chemin de croix, de ta propre chair ; tu t’es vidé de ton propre sang. Tu t’es dépouillé de ton vêtement charnel, avant que de l’être de ton vêtement matériel, et ceci en vue de te revêtir du vêtement divin. Tu as pris de court les bourreaux, les témoins, les spectateurs. Toi qui possèdes TOUT, tu t’es dépossédé. Toi qui as vaincu le néant, tu t’es anéanti. Pour nous sortir de notre propre néant. Ton renoncement délibéré à la gloire s’est fait pour notre glorification.

Pour la mienne aussi. Oui, pour moi, le vicieux, l’ingrat, l’envieux, le lâche, le jaloux, l’égoïste, le « démoniaque guéri » ; pour moi, le « malfaiteur » aussi, le « mauvais larron », qui s’est bonifié par ton dépouillement. On me dépouille à mon tour, tout près de toi, après m’avoir fait de fausses promesses, après m’avoir intoxiqué de mensonges et de faux-semblants ; après avoir aliéné ma conscience, conditionné ma liberté en échange de mon soutien et de mon ralliement à eux. On avait promis de m’épargner si je m’associais à leur Mal. Mais je m’en doutais depuis le début. On avait juré de me gracier, et me voici touché par Ta Grâce.

Me voici, à présent, dépouillé de mes vêtements sociaux et familiaux ; dépouillé de mon amour, de mes proches, de mes biens, de ce que j’avais de plus précieux, et jeté comme une loque à tes côtés… pour me vêtir de ta Passion rédemptrice.

11ème Station : Jésus est crucifié.

Je vois des mains inhumaines étendre tes bras endoloris, fanés, asséchés sur le patibulum, plaquer tes mains sur les extrémités pendant que tes yeux fixent le ciel, ta demeure. Et moi je fixe tes mains, oubliant les miennes. Celles-là mêmes qui s’étaient étendues sur tant de têtes, qui avaient guéri tant de malades, de paralytiques, d’aveugles ; qui avaient chassé tant de démons, jusqu’aux tout derniers : les miens.  Un clou se pointe, de chaque côté, un marteau se lève et le clou s’enfonce dans ton poignet, et ton gémissement s’élève, profond, stoïque, grandiose, embrassant le mien et l’emportant avec lui jusqu’aux confins de la Délivrance. On te hisse sur le pieu ; je te suis. Je te suis comme je l’avais fait depuis le début du Chemin, mais cette fois avec un amour parfait. Tellement parfait que je ne me vois plus ; je ne me sens plus. Je ne sens plus rien. Ou plutôt je me sens si bien ! Tu as pris sur Toi toutes mes douleurs et celles de mes semblables. Tu sens tout pour moi… et pour nous.

On te plie les jambes. On prend ton pied gauche qu’on fixe à plat sur ton pied droit, on ajuste un gros clou et, à chaque coup de marteau, un ange tressaille à tes pieds, ton torse sursaute, une plainte exténuée s’échappe, un muscle mourant se crispe.

Et te voici, le cœur et le corps en croix, brillant dans la ténèbre, de toute la phosphorescence de tes blessures et des miennes. Voici ton Crucifix lumineux, accroché au fronton de l’Éternité. Et me voici, calqué à tes côtés, transformé en un signe de croix, à vivre le privilège d’être avec toi, de mourir avec toi, à réprimander le mauvais larron qui vient gâcher ma fête, à l’inviter à s’y joindre. Merci, Jésus, pour cet honneur immérité !

12ème Station : Jésus meurt sur la Croix.

Jésus, même si tu as pris toutes mes souffrances, moi je sais ce que tu éprouves sur cette croix : je sais que tu étouffes pour être suspendu à tes poignets, les bras distendus et surélevés, le thorax affaissé; je sais que pour chercher une bouffée d’air tu dois prendre appui sur tes pieds saignants et subir les décharges névralgiques si douloureuses, dues au triple enclouage. Et pourtant, tu as abondé de paroles, de sentiments et de générosités ! Tu as trouvé la force et le temps, durant ton agonie, pour finir ton testament. Tu as noué un lien filial : « Femme, voici ton fils. Voici ta mère ». Tu as fait preuve d’une divine miséricorde en demandant à ton Père de pardonner à tes bourreaux, tes tortionnaires, tes blasphémateurs, tes persécuteurs… «car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Ton supplice sur la croix ne t’a pas empêché d’entendre ma confession : mes regrets, mes remords, mes erreurs, mes fautes, mes reniements, mes échecs… et de m’absoudre. Lorsque je t’ai demandé, suppliant, de te souvenir de moi quand tu viendras dans ton règne tu m’as ouvert sans hésitation les portes de ton paradis : « En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23 :43). Ȏ Seigneur ! Un jour, à la question de savoir quel est le plus grand commandement, tu avais répondu « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée (Mt 22 :37). Toi le Seigneur si modeste, tu n’as même pas demandé d’être adoré, mais aimé, comme on aime un père et un frère. Mais moi, je n’y peux rien : je t’adore, Seigneur, je t’adore !

L’atmosphère s’obscurcit, s’épaissit et pèse sur ta poitrine accablée. Le temps s’embrume et vole à ton secours pour te souffler ses vents et t’asperger de ses larmes rafraîchissantes. Tu reprends des forces ultimes pour pousser, dans un soulagement, un « Tout est accompli » que les courants d’air répandront aux quatre coins du Globe. Et pour ainsi annoncer le Commencement.

Ta tête appesantie sous ton casque d’épines, douchée de ton sang, se balance de douleur, de douceur, de tendresse. Je cherche ton regard à travers tes yeux tuméfiés. Tu me lances un dernier rayon, mourant mais réconfortant, comme pour me dire que je n’ai rien à craindre.

Puis, dans un sursaut suprême, une expiration ultime, un roulement de tonnerre qui ouvre les entrailles du ciel pour ne jamais les refermer, Tu te délivres de tes clous et Tu te livres au Père : « Père, je remets mon esprit entre tes mains » (Luc 23 :46).

Tu me devances de peu… pour m’accueillir.

J’ai juste encore le temps et le privilège de voir le soldat enfoncer sa lance dans ton flanc droit et te percer le cœur pour sentir ton eau me purifier et ton sang me vivifier, avant de te rejoindre.

13ème Station : Jésus est descendu de la Croix.

Me voici détaché de ma croix pour flotter vers ta Croix, de laquelle on te fait descendre vers les bras de ta mère qui, après avoir bercé son enfant, dans la joie, vient bercer son fils, dans l’affliction. La mère qui, après cet Accomplissement, devient la Mère de Douleur portant le Fils après que la Vierge a porté l’Enfant. La Mère de Douleur vient se fondre avec la Vierge à l’Enfant pour comprendre l’humanité dans sa Maternité. Ȏ Toi qui es bénie entre toutes les femmes, prie pour mon âme !

Et je vois resplendir, au bout du tunnel, le Fils dans Sa Lumière en Croix. Seigneur ! On t’a fait descendre de la croix, et tu t’es élevé par ta Croix, cette Croix qui s’implantera sur terre comme au ciel : sur les clochers, sur les vitraux, sur les voûtes, sur les drapeaux, sur les portiques, sur les gravures, sur les armoiries, sur les poitrines, dans les livres, dans les cœurs…

Et je suis toujours là, à Te suivre : du chemin de croix au chemin de Joie.

14ème Station : Jésus est mis au tombeau.

Non ! Jésus n’est pas mis au tombeau ! Je puis vous l’affirmer. Il S’est remis au Père.

Ce qui est mis au tombeau, ce sont nos péchés que Son Corps a expiés pour les y enfouir à jamais. Ce qui est mis au tombeau, c’est notre Inhumanité que Son Martyre est venu humaniser, voire diviniser, pourvu que l’on témoigne de Sa Passion et que l’on s’Éveille à Sa Résurrection. Celle-ci jaillira du tombeau pour nous irradier jusqu’à nos jours et pour toujours. Elle « explosera » du tombeau pour nous faire exploser de Joie et laisser des traces, indélébiles – « non faites de main d’homme » – sur le Linceul : « l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création » (Colossiens 1:15).  Afin que celui qui a des yeux voie Sa Victoire contre la mort, partant la nôtre. Et que « celui qui a des oreilles entende » Son Message. Alléluia !

Ronald Barakat

Pâques 2016

 

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