NOUS TROIS

 

Ouvre ta porte, bien-aimée,

Et vois mon frêle amour qui croît !

Car la Parole est proclamée ;

Nous sommes deux, nous serons trois !

 

Entends carillonner mon cœur

Au rythme des saintes chorales,

Enfin guéri par son Sauveur,

Sorti de la vile spirale.

 

D’une armure de foi vêtu,

J’ai réduit le vice en poussière

Et je t’emmène, ô ma vertu,

Au pied de la Croix de Lumière !

 

Qui nous embrasse de ses bras

Cloués, libère notre histoire,

Nous emporte dans son Aura

Car c’est la Croix de la Victoire.

 

Son verbe ardent, qui me pardonne,

Descend envelopper mon froid ;

Et sa couronne, il me la donne

Car celui qui croit devient roi.

 

Et le voici qui s’abandonne

Par amour du Père et de nous

Afin que mon âme se donne

Sans retour, s’unisse à son Tout.

 

Puis lorsqu’il a saisi la mort

Je fus pris d’une forte envie,

Et ma vertu a pris son corps

Transformé en un Pain de Vie.

 

Lorsque j’ai contemplé son flanc

Pur, percé par le coup de lance,

Mon cœur est devenu tout blanc,

Lavé par le Sang de l’Alliance.

 

Et le Vivant est descendu

Sans vie, pour la donner aux autres ;

Depuis, moi qui étais perdu,

Je suis devenu son apôtre.

 

L’ample ténèbre a dévoilé

La Mère des grandes Douleurs ;

Contre son Cœur immaculé

Elle a serré le Sacré-Cœur…

 

Qui vient brûler dans mon caveau,

Qui m’éclaire et me renouvelle ;

Cœur d’Amour, qui bat à nouveau

Pour sceller la Bonne Nouvelle.

 

Et nous sortons, ô ma compagne,

Ȏ ma vertu, au mot si doux,

Nous sortons tous les deux du bagne

À la rencontre de l’Époux.

 

Nous allons par l’étroit chemin,

Unis de la Nouvelle Alliance,

Nous sinuons, main dans la main,

Vêtus d’une aube d’espérance ;

 

Nous plantons, à chaque station,

Des graines de notre Rosaire,

Jusqu’à trouver la Plantation

Au bout de notre itinéraire :

 

Le voici, mourant sur la croix ;

Le voici, vivant sur la nue !

Nous vivrons ensemble, nous trois,

Lorsque l’heure sera venue.

 

R.B.

 

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