Pour une relance du «Conseil national des indépendants du 14 mars ».

 

Au vu du marasme socio-économico-politique actuel marqué, plus que jamais, par le repli communautaire, la partisanerie sectaire, le monolithisme parlementaire, le fromagisme gouvernemental, le népotisme et le clientélisme étatiques, la mainmise « mini-étatique » (du mini-État), le tout consécutif au panurgisme électoral, et à la lumière du malaise et du découragement « civils », j’appelle à la relance du « Conseil national des indépendants du 14 mars », dont l’éclosion (avortée) en juin 2015 avait donné au peuple libanais (digne de ce nom) une bonne bouffée d’oxygène avant l’étouffement – par les déchets – qui a suivi, augmenté de l’étouffement par les « ordures » politiciennes.

En effet, la réémergence de ce Conseil national, jadis parrainé et présidé par feu Samir Frangié, et constitué d’indépendantistes indépendants, lequel avait repris, il y a près de trois ans, l’esprit, les principes et les valeurs de l’Intifada de l’indépendance, en la doublant d’une «Intifada de la paix » non seulement locale, mais régionale, serait plus que souhaitable par les temps qui courent à reculons.

La « résurrection » d’un tel Conseil serait signe d’espérance pour les désespérés, puisque celui-ci préconise le vivre-ensemble transcommunautaire, le pluralisme vs le singularisme identitaire, la politique de liaison vs celle de division, la « culture du lien » vs celle de la ségrégation ; puisqu’il promeut l’État souverain (sans mini-État) aux valeurs républicaines, laïques et démocratiques, l’intégrité territoriale, le monopole des armes, l’État de droit et des Droits de l’homme, la justiciabilité, la bonne gouvernance, basée sur la bonne pratique et la transparence ; puisqu’il condamne toute forme de violence, fût-ce contre autrui, contre la femme, contre l’environnement, contre un autre pays (hormis la violence dite « légitime ») ; puisqu’il aménage un cadre civil, civique et civilisé pour une citoyenneté épanouie dans une société pacifique et prospère…

La résurgence de ce Conseil, en ce moment critique où des valeurs et pratiques contraires sont en passe d’être légitimées, voire légalisées, constituerait une « réponse forte » aux tenants d’un « Liban fort » qu’ils s’ingénient à débiliter, et un bon antidote à l’aliénation graduelle de la République par les « sages » qui la gouvernent selon les critères d’une sagesse « divine ». Soyons donc assez « fous » pour entreprendre cette opération de sauvetage, quelle que soit son issue, assez « inventifs » pour remettre sur la table et proposer – ou opposer -cette « Solution » salvatrice. Nous pourrions au moins dire à nos enfants que nous avons fait de notre mieux, que nous avons tout fait pour leur épargner un naufrage comme héritage.

La plateforme de ce Conseil étant déjà constituée, ainsi que son assemblée générale qui comprenait environ 300 membres, sa structure étant déjà formée, son leadership encore « vivant », sous l’égide du « leader spirituel » (Samir Frangié), sa charte étant établie, ses règlements définis, ainsi que le mode organisationnel et opératoire, il ne manque plus que de « sonner le rappel des troupes » pour la tenue d’une nouvelle assemblée générale qui, outre les membres encore disponibles de la première assemblée, sera ouverte aux nouveaux venus, surtout de la société civile, ainsi qu’aux partis à vocation civile (parti Sabaa, etc.) qui partagent forcément les mêmes valeurs citées plus haut et qui seront appelés à être au cœur de ce Conseil et à s’y sentir chez eux.

Sans oublier de convier les partis souverainistes et réformistes qui étaient représentés dans ce Conseil en tant que membres observateurs (Kataëb, PNL…).

Les autres partis membres (FL, Futur, etc.), aujourd’hui pris dans les rets du pouvoir et de ses compromissions, de l’identité partisane, de l’égo institutionnel,  du communautarisme, des gains électoraux, du partage du gâteau… pourraient (qui sait) prendre conseil de ce Conseil et avoir le goût d’y revenir.

À nous de leur en donner l’envie, de leur montrer nos vertus, de leur rappeler les leurs, ou de les mettre face à leurs vices… qui leur ont fait perdre la face.

R.B.

 

 

 

 

 

 

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