Retirez donc la croix du drapeau du Québec ! Et de l’hymne national du Canada !


« Le crucifix sera retiré de la salle du Conseil municipal à l’Hôtel de Ville de Montréal… Le contexte social a évolué depuis l’installation du crucifix en 1937 pour rappeler aux élus leur serment prêté devant Dieu, a souligné Laurence Lavigne-Lalonde, conseillère de Ville…» (TVA Nouvelles).

En effet, le contexte social a évolué depuis la « Révolution tranquille » de Jean Lesage qui a tranquillement, sagement, lentement mais sûrement installé la société québécoise dans l’anticléricalisme et la christianophobie, très bien illustrés par les jurons populaires à l’encontre des symboles chrétiens (tabarnak, crisse, câlice, ostie, sacrament, cibouère…), alors que les autres symboles religieux sont considérés – et à juste titre – avec révérence. C’est qu’elle a le dos large, la religion chrétienne. On peut s’essuyer les pieds sur son sacré et pester contre ses symboles. Après tout, le chrétien est inoffensif. Il n’a pas de lobby. De plus, il se doit de tendre l’autre joue.

On a donc mis une croix – une de plus – sur la croix. On l’a retirée de l’espace municipal montréalais. Autant alors la retirer du drapeau du Québec, et de l’hymne national du Canada. Ça finira par arriver, pour des besoins de laïcité.

Le contexte a évolué, certes, vers un laïcisme pur et dur qui, parallèlement à ses bienfaits avérés en matière de libertés et de droits, à l’instauration de « l’État providence » (providentiel en soi), a vidé le patrimoine culturel québécois de sa substance d’origine, de son histoire, de sa mémoire, de sa spiritualité, de sa symbolique, de son identité culturelle de base, foncièrement chrétienne (au sens large), pour le remplir de « neutralité » qui n’est autre qu’une neutralisation des  valeurs ancestrales. Oubliée, la « Terre de nos aïeux » de l’hymne national. Ȏ Canada ! Partant Ȏ Québec ! Ton bras ne peut plus « porter la croix », selon ton hymne. Il ne t’est plus permis de le faire. Il te faudra trouver un autre symbole, neutre, qui soit politiquement, socialement correct. On a retiré cette croix de ton Hôtel de Ville. On finira par la retirer de tes villes et villages. De tout le paysage. De ton drapeau, de ton hymne… Les assauts sont menés, en ce moment, pour la décrocher de l’Assemblée Nationale à Québec. Les dernières résistances finiront par tomber. La croix tombera, mais le crucifix ressuscitera !

La société québécoise finira par saisir (du moins je l’espère) les méfaits, voire les dangers, de ce « nivellement par le bas », qui oblige le « propriétaire terrien » à ameublir sa terre, à aplanir son terroir, à s’aplatir pour se mettre au diapason culturel des nouveaux arrivants (dont j’ai fait partie et qui sont, certes, bienvenus). Elle saura se ressouvenir de ses origines et ne pas se contenter de les faire immatriculer à l’arrière de ses véhicules, mais dans son esprit, jusqu’à les faire ressortir du fond de sa mémoire collective. Ses gouvernants, de tous bords, de gauche comme de droite, finiront par réadapter et améliorer les politiques d’acculturation de sorte à favoriser l’intégration et éviter la « déculturation » graduelle de la société d’accueil qui conduit à une amnésie culturelle mortifère, à une perte de sa personnalité de base, dans l’intention d’embrasser toutes les « personnalités » immigrantes et ménager toutes les susceptibilités, tandis que l’inverse est en vigueur – et de rigueur – dans leurs pays d’origine, au point où le culte chrétien y est prohibé, où la Bible est interdite, où les églises sont absentes ou détruites. Nul besoin de faire preuve d’émulation et d’anéantir les nôtres, ici, ne fût-ce que symboliquement. Nul besoin de se dévêtir de son « habit traditionnel », de son folklore, pour que l’on soit « tous pareils » ; de jeter son uniforme aux orties pour que l’on soit « uniformes ». C’est au « fils adoptif » de s’adapter aux règles de la Maison et aux us et coutumes de la maisonnée. Et pas le contraire ! Vous êtes chez vous, mais laissez-nous nous sentir chez nous !     

Oui pour la laïcité, mais enracinée dans son terroir symbolique et culturel. Oui pour la neutralité socio-politique, mais pas pour la neutralisation de son identité culturelle. Oui pour la séparation de l’État d’avec l’Église, mais pas au point de devenir anticlérical et christianophobe, de se séparer de soi-même, de ses origines, de son histoire, de ses valeurs chrétiennes, de sa « langue romane », d’origine latine. Oui pour le pluralisme, mais pas au prix de notre singularité. Oui pour le multiculturalisme, mais pas aux dépens de notre culture et de notre croyance d’origine ! Oui aux « originaires », mais pas au mépris de nos origines !

Oui pour l’implantation de nouvelles racines, enrichissantes, mais pas au point de se déraciner pour céder la place et transformer les plantations de lys et les érablières en une forêt vierge pour la vouloir « neutre ».

R.B.

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