Rondel du retour.

 

Partir, c’est renaître un peu,

C’est de moi à toi renaître,

C’est ouvrir une fenêtre

Et tendre les bras aux cieux ;

 

C’est embrasser le bien-être

Dans un azur tout radieux,

Illuminé de tes yeux

Que l’oiseau peut reconnaître.

 

Partir, c’est renaître un peu…

Ou beaucoup, c’est reparaître,

C’est revenir, peu à peu,

Par le soupir de ton être

Pour se bercer dans tes lieux.

 

***

 

Partir, c’est renaître un peu,

C’est s’évader du mal-être,

C’est se faire un peu moins vieux,

Découvrir d’autres ancêtres ;

 

C’est rêver, c’est faire naître

Des mondes si merveilleux

Où les enfants sont des prêtres

Qui nous rendent bienheureux.

 

Partir, c’est partir pour deux,

Pour de vrai, qui sait, peut-être,

C’est s’enfuir, triste ou joyeux,

Sans rien laisser transparaître ;

C’est revivre, comme on peut.

 

***

 

Partir, c’est un peu renaître,

Un peu renaître à nous deux,

Voir l’amour réapparaître,

Redevenir amoureux ;

 

Réapprendre à être heureux,

À avoir le cœur pour maître,

Par un envol valeureux

Où l’on tend à disparaître…

 

Pour repleuvoir de ses feux

Dans ton beau regard champêtre

Où l’absence est venue paître,

Où tu as semé des vœux,

Pour récolter mes aveux.

 

***

 

Partir, c’est changer de rime,

C’est se forger d’autres vers,

C’est atteindre d’autres cimes

Mais sans changer d’univers ;

 

C’est revoir les êtres chers,

Les parents et les intimes

Par-delà l’adieu ultime

En leur soufflant un bel air.

 

Partir, c’est laisser sa chair,

C’est vivre une mort infime

Et c’est recevoir en prime

Un amour, devenu cher,

Chéri par l’âme sublime.

 

R.B.

 

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