TOI MON PÈRE…

 

 

Toi mon père qui es sur terre,

Dont je porte les caractères,

Dont le nom sera sanctifié

Pour t’être ô combien sacrifié;

Toi mon père, ma dette immense,

Dont j’ai fleuri de la semence,

De la rosée de ta sueur,

Du fruit pressé par ton labeur;

Toi qui vivais de la mission

D’assurer mon éducation

Encor plus que ma nourriture;

Toi qui m’as formé à la dure,

Dans l’esprit de me prémunir

Contre les maux de l’avenir;

Toi qui défaisais mes devoirs,

Qui me poussais à les revoir

Puis après me récompensais

De billets que je dépensais

En chocolats et friandises…

Ou des films aux formes exquises

Dans les salles de ciné noires

Où je faisais d’autres devoirs.

Et tu t’en doutais à ma tête!

Je t’en fais l’aveu à ta fête.

 

Toi qui as bu tout mon calice,

Toi ma vigie et ma police,

Plutôt police d’assurance

Sur ce sombre océan qui danse,

Toi mon fanion et mon radeau,

Toi mon père aux si beaux cadeaux

Concédés au Père Noël

À qui tu faisais la part belle

Pour que l’enfant puisse rêver!

Depuis longtemps je le savais,

Je savais d’où vient la magie

Qui me rallumait la bougie.

 

Ô toi l’adulte aux jeux d’enfant,

Aux chatouillis sur le divan,

Aux doux ébats sur le gazon,

Près de notre ancienne maison,

Aux éclats de rire vermeil

Sous le beau «un, deux, trois SOLEIL»!

Toi qui me contraignais au sport,

Beaucoup plus à raison qu’à tort,

Qui en faisais une autre école

Avec ses lois, son protocole,

Et je faisais, à ma manière,

Parfois, l’école buissonnière!

 

Toi mon père qui es partout,

Qui m’as fourni tous les atouts,

Qui m’as remis les bonnes armes,

Dont celle d’écourter mes larmes;

Que vive à jamais ton esprit,

Toi qui m’as tant et tant appris,

Toi qui m’as tant et tant donné;

À ton nom je suis abonné,

À ton regard tout accroché

Pour éviter tous les crochets,

Les faux pas et les chausse-trapes,

De cette Jungle les attrapes,

De ce bas monde les bassesses,

Les faux-semblants et petitesses…

Sois-tu proche comme mon ombre

Pour me guider dans l’âge sombre,

Ou plus loin dans le grand espace

Et le temps qui use nos traces,

Tu resteras toujours le maître,

L’éducateur de tout mon être,

Le clairon qui bat le rappel,

La leçon dont on se rappelle;

Et du passé à l’avenir

Un resplendissant souvenir,

Un astre irradiant d’un visage

Pour m’éclairer dans mon voyage.

 

R.B.

 

                                

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