Une pour tous, tous pour Une.

« Près d’un demi-million de personnes marchent pour le climat à Montréal » (Journal de Montréal).

Très rafraîchissant, le spectacle de ces marches itinérantes, planétaires, contre le réchauffement climatique. Très bienvenue, cette étincelle suédoise, du nom de Greta Thunberg, qui a enflammé les jeunes consciences sur l’urgence climatique par l’organisation de grèves scolaires ponctuelles pour le climat, lors des « vendredis pour le futur », très vite transformées en grèves mondiales, rassemblant toutes les consciences, jeunes et moins jeunes, contre l’inconscience des gouvernants du monde.

Très réussie, la marche montréalaise. Très beau score. Mais qu’en est-il de l’après-marche ? Demain sera-t-il un autre jour ou le même ?   

En effet, combien, de ce demi-million de Montréalais, et des millions de citadins des autres métropoles et villes de par le monde, continueront de marcher, dans leur tête et dans leur cœur, après la marche pour le climat ? Combien d’entre eux auront le « souffle », après la manifestation, d’emboîter le pas à leur propre marche et de réduire leur empreinte écologique, notamment l’empreinte carbone ? Combien éviteront ou diminueront l’usage du plastique et de tout contenant et ustensile à usage unique, non biodégradable et recyclable ? Combien réfléchiront à deux fois avant d’imprimer un document, par souci de l’environnement ? Combien préféreront consommer des produits bio, même s’ils sont un peu (ou beaucoup) plus chers ? Combien substitueront un véhicule électrique à leur véhicule polluant ? Même s’il est un peu (ou beaucoup) plus cher ? Quitte à sacrifier un peu (ou beaucoup) de leurs plaisirs complémentaires ? Pour le bien, individuel, familial et collectif ? Si bon nombre de ces marcheurs joignaient le geste à leurs pas, suivis des innombrables téléspectateurs enthousiastes, les objectifs climatiques seraient atteints, ou dépassés, à l’échelle nationale.

En effet, il appartient à chacun et chacune de développer « l’esprit écolo », de semer son grain dans son jardin, intérieur et extérieur, de l’arroser de ses efforts et sacrifices pour voir sa plante croître et grimper pour atteindre et envahir les hautes sphères du pouvoir de décision. Il nous appartient, à nous citoyens, de façonner ce pouvoir et de créer la demande. Et l’offre suivra, forcément, infailliblement, dans le bon sens.

Il incombe à la collectivité de chaque pays de conclure un pacte national, à l’exemple du «pacte pour la transition » énergétique au Québec (#LePacte), sous forme de pétition publique, et d’inciter le signataire à mettre l’épaule à la roue menant à la carboneutralité par des gestes concrets et à presser son gouvernement de mettre les politiques écologiques en place pour lutter contre le réchauffement climatique causé par les émissions de gaz à effet de serre (GES), et ceci par les moyens appropriés, portant essentiellement sur l’utilisation des énergies renouvelables.

Si l’esprit des peuples prend l’orientation écologique, les politiques suivront, et nous n’aurons pas besoin de conjurer les responsables de sauver la planète, ni de les apostropher par un « Comment osez-vous ? ».

Combien, dans le brouhaha de la politisation et de la récupération de la question climatique, exigeront de leurs dirigeants, gouvernants, chefs de partis, candidats aux élections, etc., qu’ils excluent le climat de leurs mauvais climats et clivages inter-partisans ? Pour pouvoir sauver le climat ? Qui est l’affaire de tous et de toutes ? Sans que l’un dénigre le bilan de l’autre ? Et sans que l’autre interroge les politiques de l’un ? L’action climatique requérant une action conjuguée et commune, a-politicienne.

Combien, des millions de marcheurs de par le monde, toutes orientations politiques et partisanes confondues, exigeront la neutralité dans les affaires écologiques afin de ne pas neutraliser les efforts de lutte contre le réchauffement climatique ? Étant donné que l’union fait la force et que la désunion fait la faillite… constatée jusque-là ?

Combien – et j’espère très peu – se sont-ils sentis un peu étrangers à ces marches « des jeunes, pour les jeunes et les générations futures » avec pour représentante iconique une toute jeune, comme s’il s’agissait d’un combat des jeunes contre des « vieux » qui ont ruiné la planète, et comme si ces « vieux », perçus comme des « loosers », avaient hérité, quand ils étaient jeunes, d’un Eldorado de leurs aînés, qu’ils ont transformé en une immense étuve étouffante ? Sans nullement les disculper ou les décharger de leur responsabilité quant à la situation critique qui prévaut sur le plan climatique, laquelle requiert leur mobilisation, leur course devant les jeunes pour réparer les dégâts, avant qu’ils ne deviennent irrémédiables, et ceci afin que les futures générations puissent bâtir sur des fondements écologiques solides et des bases environnementales assainies.  

En effet, le salut de la planète est l’affaire des adultes, aussi bien que des jeunes. C’est l’affaire de toutes les générations, « descendantes », aussi bien que montantes. La sauvegarde de la planète est la responsabilité de tout le monde, et surtout de la génération coupable de négligence, d’abus ou de surexploitation. Et il revient à la génération « victime » d’exercer les pressions positives adéquates, tout en montrant l’exemple. Tout le monde doit s’y mettre, et les jeunes, aussi bien que leurs aînés, sont tenus de vivre et d’agir dans le respect de l’environnement. Être « éco-friendly », c’est être jeune à tout âge, et c’est un savoir-être et un savoir-faire pour tous les âges.

Tous les âges, de toutes tendances, de toutes les régions, doivent être de la partie, indépendamment des partis, marcher ensemble, main dans la main, plus dans la tête et dans le cœur que sur le terrain. Tous et toutes doivent réclamer des comptes, se réclamer des comptes, participer à l’élaboration du plan salvateur et s’engager à le mettre à exécution, pour le salut, non seulement des générations futures, mais des générations présentes, qui ont le droit de vivre sur une planète viable et respirable, qui ont le droit de vivre en santé, de bien vivre afin d’aider autrui à mieux vivre, et spécialement les vulnérables dans ce grand Habitat menacé, dont le toit pourrait s’écrouler sur la tête de tous, fussent-ils croyants ou athées, de gauche ou de droite, pauvres ou riches, souverainistes ou fédéralistes, francophones, anglophones ou allophones…

Tous et toutes, de toutes les nations, de tous les pays, devraient devenir, sur la question climatique, des Terriens, puisqu’il y va de la vie sur Terre, et de la survie de la Terre.

Tous et toutes doivent s’entendre sur un protocole rigoureux et une charte universelle, un « Kyoto » et un « Accord de Paris » renouvelés, plus incitatifs, plus pragmatiques, plus contraignants.

Tous et toutes doivent s’entendre pour balayer, chacun devant et derrière sa porte, mais dans un esprit coopératif, les méfaits des énergies sales et s’engager à les remplacer par les « propres », et ceci par l’établissement de protocoles nationaux d’actions climatiques, adaptés aux ressources physiques et humaines, aux capacités et spécificités de chaque pays. C’est ainsi que l’humanité pourra relever les énormes défis, tels que la réduction des émissions de gaz à effet de serre, dans un délai prescrit, en vue de leur éradication, l’emploi optimal, jusqu’à devenir exclusif, des énergies renouvelables, la culture et la consommation des produits « bio », exempts de pesticides et d’engrais chimiques, le traitement standardisé des déchets, surtout pour les pays en voie de développement, étant donné que leur mauvaise gestion par le voisin, fût-il loin, sur un « autre étage », affecte (et infecte) toute la bâtisse.

C’est en formulant et en appliquant, ensemble, la devise « Une pour tous, tous pour Une – la Terre » que nous pourrons, elle et nous, nous sauver mutuellement.

R.B.

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