Vertus de la confession « indirecte ».

 

On entend souvent de bons catholiques (et affiliés au catholicisme), passer outre au sacrement de réconciliation et dire : « Moi, je me confesse directement à Dieu ! ». La voie la plus simple, pour eux, et la moins contraignante, étant donné que le « Confesseur » est invisible et « silencieux ». On peut tout Lui dire, Il ne nous « dira » rien, comme on peut se dire que comme Il sait tout, pas besoin de dire grand-chose : Il connaît déjà nos péchés et Il nous a pardonné. Facile. On se lave la conscience, on se signe, et aussitôt après, rebelote : on commet à nouveau les péchés qu’on n’a pas vraiment confessés.

Sans entrer dans la description et la justification dogmatique de ce rite sacramentel, je voudrais, en tant que laïque et à titre personnel, m’adresser fraternellement aux chrétiens tentés par ce « raccourci » pour leur dire que Dieu, connaissant vos « ruses », a délégué des ministres du culte pour se charger de Lui transmettre vos péchés et de vous absoudre en Son Nom. Et ceci, pour votre plus grand bien, avant votre salut.

En effet, Dieu veut vous placer devant un vis-à-vis visible, qui Le représente physiquement, afin de vous faire mieux « palper » vos erreurs, vous obliger à un réel examen de conscience, une réelle repentance et vous astreindre à une pénitence symbolique, après absolution, dans le dessein de vous faire réaliser la « satisfaction » profonde et le bienfait ineffable de votre démarche, si bien que, de réticent (comme je l’étais) vous deveniez un habitué de la confession (comme je le suis).

Quels sont les bienfaits de la confession au « représentant » de Dieu, plutôt que directement à Dieu ?

1) En faisant l’effort d’entrer dans l’isoloir, en adoptant l’humble posture du contrit, en surmontant l’embarras, la honte, la gêne, la culpabilité, en « soutenant » le regard du prêtre (même à travers la grille s’il y en a), en se prêtant à sa bienveillante écoute, on fait un tel acte de bonne volonté, dans la forme, que le « fond » s’en trouvera déjà fondu dans l’amour et la miséricorde du Père, à travers le père confesseur.

2) Outre le fruit spirituel de l’acte, celui-ci produit un effet psychothérapeutique sur le pénitent qui se sentira psychologiquement soulagé et prêt à repartir à neuf, après s’être confié au prêtre-psychologue et avoir pris conseil de lui.

3) L’exercice relativement éprouvant d’un « passage aux aveux » à cet intermédiaire, outre son effet purgatif, conduit le pénitent à prendre des résolutions afin de ne plus récidiver, et éviter, à la fois, de faire face à sa propre conscience et au « regard » du prêtre, surtout s’il s’agit du même – ce qui serait justement conseillé – car il ne sera pas aisé au pénitent de « reconfesser » les mêmes fautes au même confesseur.

4) L’acte de confession étant un exercice à deux, et à double sens, quoi de mieux que ce « conseiller » spirituel, désintéressé, disponible, « gratuit », tenu au secret, que Dieu a bien voulu nous déléguer pour interagir avec nous, nous accompagner, nous instruire, nous orienter, nous comprendre et nous aider à nous reprendre. En plus de nous absoudre !

Vous rendez-vous compte, une fois de plus, comme Dieu fait bien les choses !

R.B.

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